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Sep 09 2020

Nouvelles du Fonds de Solidarité de TrustAfrica : Soutenir le secteur informel et les réponses communautaires pendant la COVID-19

Il est difficile de croire que cinq mois se sont écoulés depuis que notre vie a été substantiellement bouleversée par la pandémie de covid 19.  Alors que l’impact de cette maladie continue partout dans le monde, nous continuons, à TrustAfrica, de rechercher les moyens de réagir et de lui faire face. En avril 2020, nous avons lancé un Fonds de solidarité COVID-19 pour l’Afrique en soutien aux Unités de Riposte d’urgence à travers le Continent, contre ce nouveau virus. Grâce au soutien catalyseur de ce Fonds, nous avons contribué à la protection de la santé des travailleurs du secteur informel au Zimbabwe, à la protection des femmes en Afrique de l’Ouest, contre la violence basée sur le Genre (VBG) pendant la période de confinement à l’échelle nationale. Nous avons également fourni des fonds de secours aux communautés locales, afin qu’elles mettent au point des réponses adaptées au contexte. Ces réponses se déclinent entre autres, en l’achat collectif de biens et en l’aménagement de jardins communautaires, notamment. De plus amples informations sur ce soutien du Fonds de solidarité de TrustAfrica sont disponibles dans cette newsletter.

Solidarité avec les travailleurs informels et les journaliers

Selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), « l’emploi informel représente 90 % de l’emploi total dans les pays à faibles revenus. Les principales situations de vulnérabilité des travailleurs pauvres de l’économie informelle sont exacerbées par les risques spécifiques associés à la COVID-19. S’ils continuent de travailler, ils n’ont généralement pas accès aux Équipements de protection individuelle (EPI) et aux dispositifs de lavage des mains.

Les réponses à cette vulnérabilité des travailleurs du secteur informel urbain, ” sont essentielles pour protéger de la contamination, ce segment de société. Cela passe par l’amélioration de leur accès au savon, à l’eau et aux désinfectants à base d’alcool, pour le lavage des mains dans les marchés urbains et les zones commerciales. La distribution de masques et de gants aux commerçants informels et aux fournisseurs de services a été une des réponses. 

Dans le cadre de sa collaboration donateur-société civile avec Zimbabwe Alliance, TrustAfrica a pu soutenir la plateforme de convergence de Citizens’ Manifesto, pour obtenir que cette population vulnérable ne soit pas abandonnée. À Harare, VISET a utilisé l'apport du Fonds de solidarité TrustAfrica pour fournir des centaines de Health Packs (kits sanitaires) à des commerçants dans l’informel. Ont également reçu ces kits, des équipes de riposte à la COVID-19 de la Ville de Harare chargées de surveiller les opérations dans les marchés qui ont rouvert. Cette contribution a été intégrée au déploiement du Plan intégral de riposte (à la COVID19) du secteur informel, lancé le 31 mars 2020 par VISET. Les Health Packs étaient accompagnés de dépliants d’information sur les mesures de protection contre la transmission de la COVID-19.

VISET était également à l’avant-garde du plaidoyer en faveur des mesures de relance sociale pour les travailleurs informels, afin d’atténuer les difficultés économiques supplémentaires connues pendant cette période.

Dans l’ouest du Zimbabwe, Bulawayo Vendors and Traders Association (BVTA) travaille d’arrache-pied avec les journaliers de la même façon que dans le cadre de la plateforme de convergence Citizens’ Manifesto.

BVTA a dispensé des formations en ligne et en présentiel pour procurer aux commerçants, d’autres compétences pour les aider à se maintenir en masse pendant le confinement.  L’Association a également acheté et distribué près de 400 masques à ses membres pour aider à lutter contre la propagation de la COVID-19.  Une opération rendue nécessaire par le fait que les fournisseurs et commerçants informels n’étaient pas en mesure d’acheter ces équipements de protection qui se vendaient à des prix hors de portée.

BVTA a aussi remis au Conseil Municipal de la ville de Bulawayo, 45 dispositifs de lavage des mains à mettre à la disposition de certains marchés. Cette campagne contribue à sensibiliser les populations, les dispositifs ayant été installés avec des messages encourageant le respect des mesures recommandées par l’OMS dans la lutte contre la COVID-19.

Au fur et à mesure que la pression économique liée à la pandémie de COVID-19 augmente, le discours sur la formalisation et la reconnaissance du secteur informel en Afrique suscite davantage d’intérêt. Avec le soutien de TrustAfrica, BVTA et VISET ont organisé conjointement un petit déjeuner de travail le 3 juillet 2020. Le but en était d’aboutir à une planification inclusive dans la conception des villes. Des solutions à trouver avec le secteur privé, les autorités locales, les groupes de résidents et les commerçants informels, qui fournissent des espaces commerciaux sécurisés, respectueux de l’environnement et de la santé, le tout inscrit dans le cadre d’un appel plus large.

Dans certains milieux comme le Forum économique mondial (FEM), des appels en faveur d’un « New Deal » sont émis pour élargir l’accès aux soins et aux infrastructures de santé publique. On relève plusieurs volets au nombre des actions à mener. Elles se déclinent en la fourniture d’eau potable et d’installations sanitaires, une amélioration et un développement de l’assistance sociale et des filets de sécurité sociale. D’autres actions consistent en  l’augmentation des investissements dans la capacité et le débit numériques. Les plateformes numériques pour l’éducation et les services financiers sont considérés comme essentiels à la sécurité économique des ménages à faible revenu, fait-on observer.

Avec l’apparition de la COVID-19, une formidable opportunité se présente pour aller au-delà des discours et élaborer des réponses holistiques visant à intégrer dans l’économie et de façon définitive, ce secteur marginalisé. Les dirigeants africains devront dans leur volonté politique, reconnaître le rôle crucial que joue l’économie informelle. Il leur faudra, dans cette perspective, apporter des garanties intégrales pour assurer le bien-être de ces travailleurs, parmi les plus vulnérables du monde.

Solidarité avec les Communautés

La croissance des réseaux d’entraide en réponse à la pandémie de COVID-19 a révélé l’importance de soutenir les réponses communautaires. A TrustAfrica, nous leur accordons la priorité, comme moyen d’activer l’organisation des citoyens pour la création de solutions aux défis collectifs auxquels sont confrontées ces mêmes communautés. À travers le continent, nous avons assisté à la naissance et au renforcement de groupes citoyens qui s’organisent pour créer des systèmes et des structures de soutien communautaires, en période de crise.

TrustAfrica a signé Le Gage d’engagement de la philanthropie pendant la COVID-19. Ainsi, les partenaires financiers figurant sur notre portefeuille de projets ont pu réorienter des fonds et en recevoir aussi pour des actions de solidarité en réponse à la pandémie. En tissant des relations et en érigeant des structures où chacun contribue à l’entraide, les écosystèmes communautaires reçoivent de nouveaux investissements et voient leur confiance renforcée, ce qui jette les bases solides de la résilience de ces communautés. Le partenariat dont bénéficie TrustAfrica avec des groupes communautaires locaux permettra de sensibiliser certains parmi les plus vulnérables et les plus négligées en Afrique de l'Ouest et au Zimbabwe.

Au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal, on compte quelque sept organisations féminines qui répondent à la menace à laquelle sont exposées les femmes en période de confinement par pays. Selon le PNUD, « la violence basée sur le genre (VBG) augmente dans toute situation d’urgence, qu’il s’agisse de crises économiques, de conflits ou d’épidémies.  

Combinées à des mesures restrictives de la mobilité, à l’isolement social, au stress économique et social causé par la pandémie de COVID-19, les normes sociales nuisibles préexistantes et les inégalités entre les sexes, ont conduit à une augmentation exponentielle des Violences basées sur le Genre. En conséquence, diverses réponses interconnectées sont mises en œuvre par les partenaires de TrustAfrica. L’objectif est de sensibiliser les jeunes femmes et les filles, confinées dans des foyers dangereux, sur le risque élevé de violence. Par ce biais aussi, aider les communautés à mettre en place des mécanismes appropriés pour répondre aux différents types de violence avec lesquels elles sont confrontées.

Compte tenu de l’impact du confinement sur les femmes, tant en termes de VBG que de pressions économiques croissantes, certaines de ces organisations se concentrent également sur le renforcement du leadership féminin. A cet effet, les femmes participeront de manière significative aux processus décisionnels liés à la pandémie, en prônant des politiques favorables à l’égalité des sexes. Il s’agit par ce biais, de protéger les victimes de violence dans leurs foyers et dans leurs communautés, ainsi que de garantir des filets de sécurité sociale nécessaires pour les femmes.

Pendant ce temps, au Zimbabwe, les communautés s’organisent autour de la crise qui touche leurs moyens de subsistance collectifs. Alors que les alertes à la COVID-19 s’intensifiaient, le Chitungwiza Residents Trust (CHI-TREST), basé dans l’une des banlieues surpeuplées de Harare, s‘est immédiatement préoccupé de l’accès insuffisant à l’Eau, à l’Assainissement et à l’Hygiène (EAH) et de l’insécurité alimentaire dans la communauté déjà vulnérable. Ces problèmes sont de plus en plus fréquents à Chitungwiza, qui a été frappée par une épidémie de choléra en 2018.

Des organisations comme CHITREST ont entrepris des actions en justice, qui ont abouti à la Haute Cour, pour obliger les autorités locales à fournir de l’eau saine, propre et potable pendant la pandémie de COVID-19. Selon le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS NET), le début de la pandémie au Zimbabwe a gravement menacé une situation de sécurité alimentaire déjà critique à cause principalement de la situation macroéconomique difficile qui prévaut et des années de sécheresse consécutives, qu’a connues le pays.

Les restrictions de déplacement associées à la pandémie ont eu un impact considérable sur les entreprises et les moyens de subsistance urbains et ruraux, limitant davantage les revenus des ménages. Cela a entrainé une hausse plus forte que prévue, de la population en situation d’insécurité alimentaire. Le phénomène est plus accentué dans les milieux urbains. L’intervention de CHITREST en faveur de la mobilisation de ressources alimentaires, en partenariat avec TrustAfrica, a servi de catalyseur dans la dynamique pour une plus grande mobilisation des secours dans la communauté marginalisée.

D’autres partenaires de TrustAfrica réagissent face à l’insécurité alimentaire en mettant en place au Zimbabwe, des jardins communautaires qui permettront d’élargir l’accès à des aliments sains et d’encourager la culture de plantes et d’aliments naturels indigènes. Ainsi pourrait être fortifié, le système immunitaire. 

Le jardin communautaire porté par Amandla Center entretient à la fois l’action civique et la construction de la communauté, à un moment où, avec la distanciation physique, de nombreux membres de la communauté ont le sentiment d'être isolés. La grande mobilisation autour de la production alimentaire alternative est l’une des conséquences indirectes importantes de la COVID-19. Le fait se renforce et prend de l’ampleur. A TrustAfrica, nous continuerons de contribuer à de tels mouvements, grâce à notre travail autour des systèmes alimentaires résilients et de la souveraineté alimentaire.

La pandémie de coronavirus a également contribué à relancer les discussions sur les économies locales alternatives. Les partenaires communautaires du Zimbabwe, par le biais d’une collaboration appelée Gateway Zimbabwe, reçoivent un fonds d’amorçage pour les réponses locales aux diverses communautés, dans le cadre du programme Gateway Fellowship.

Gateway Zimbabwe a innové dans son approche de subvention, en reconnaissant que la plupart des bénéficiaires de subvention communautaire ne sont affiliés à aucune organisation enregistrée et ne sont pas habilités à soumettre des demandes de subvention. Pour cette raison, nous avons conçu un processus de demande de subventions qui leur a permis de soumettre des propositions via des notes vocales WhatsApp. Cette plateforme en ligne est la plus facilement accessible et abordable au Zimbabwe. A la suite des consultations et des échanges par WhatsApp et en travaillant en étroite collaboration avec le personnel de Gateway Zimbabwe pour discuter et réfléchir sur la pérennité des initiatives, le premier groupe d’initiatives a été approuvé et sera déployé dans les 5 communautés où Gateway Zimbabwe a des cohortes de boursiers.

En adoptant une approche expérimentale vis-à-vis de ces initiatives, le succès de celles-ci résidera en grande partie dans ce que les communautés apprennent sur la création collective de réponses au sein de leurs communautés. Ainsi, elles pourront jeter des bases de projets à plus long terme. Cette approche permet aux communautés d’avoir accès à des fonds qui ne seraient normalement réservés qu’aux organismes traditionnels enregistrés. Un des boursiers vivant dans une communauté qui se trouve à environ 30 km de Harare, utilise les fonds d’amorçage pour développer un prototype d’entreprise communautaire. Celle-ci qui tire profit du pouvoir d’achat collectif, en particulier pendant le confinement quand les déplacements et les moyens de subsistance subséquents sont considérablement limités. « Nous élevons Ubuntu au niveau supérieur et nous nous réapproprions notre sens de la richesse. Les tendances économiques capitalistes actuelles nous ont réduits en consommateurs vivant dans la précarité. Ce mode de vie nous a privés de notre autonomie », explique le boursier de Gateway Zimbabwe.

Le régime d’achat collectif permet aux membres d’acheter en gros dans le magasin communautaire, puis les économies réalisées grâce au magasin sont utilisées comme un pool de ressources pour des investissements communautaires. Bien que cette initiative réponde à un besoin immédiat de se procurer des denrées alimentaires à des prix abordables sans l’obligation pour les membres de la communauté de se déplacer, elle crée également une plateforme expérimentale pour la construction d’économies locales. Ce ne sont là que quelques récits des solutions locales qui deviennent possibles, lorsque nous faisons preuve de solidarité financière avec les communautés.

Solidarité avec nos institutions

Nous savons que la COVID-19 a mis en évidence la faiblesse des systèmes dans tous les secteurs à l’échelle mondiale, ceux déjà fragiles des pays africains, en particulier. Plus que jamais, le renforcement du secteur de la santé est primordial non seulement pour répondre à cette pandémie, mais aussi pour développer des ripostes plus solides à long terme, face à la multiplicité des crises sanitaires que nous confrontons chaque année. La création en 2017, du Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’Union Africaine a été une étape décisive dans le renforcement de la réponse aux crises sanitaires à travers le Continent. L’infrastructure aura un rôle de plus en plus important dans le développement de ripostes à l’échelle africaine, face aux pandémies comme celle du coronavirus. Alors que les gouvernements s’efforcent de répondre à la COVID1-9, les collaborations entre le secteur privé et la philanthropie contribueront grandement à permettre de se pencher sur le caractère transversal des questions économiques, politiques et sociales et leurs relations avec les crises sanitaires. TrustAfrica se sent privilégiée de pouvoir contribuer à cette réponse collective.

Dans le cadre de notre soutien supplémentaire au secteur de la santé, TrustAfrica s’associe à Vital Strategies pour accompagner le Ministère de la Santé du Sénégal et capitaliser des connaissances sur la gestion des cas et des contacts de COVID-19, ainsi que sur la surveillance rapide de la mortalité dans le contexte de la pandémie, dans le pays.  Dès avril 2020, nous avons pu soutenir les efforts de lutte. Le Sénégal a été l’un des premiers pays du Continent à connaître une flambée des cas, après en avoir enregistré dès mars 2020. Tout en mettant en place des mesures de protection, l’Etat a également accéléré ses ripostes sur le plan scientifique, permettant ainsi d’acquérir une reconnaissance mondiale. Parmi les innovations suite à l’apparition du coronavirus qui ravage le monde, figurent des essais pour le développement d’un kit de diagnostic maison de 1$ et la conception par des ingénieurs sénégalais, d’un fichier d’impression 3D à faible coût, pour respirateurs. Cette pratique adoptée dès le début par le Sénégal est qui est devenue la norme dans de nombreux pays. Le soutien au secteur de la Santé permet des réponses locales qui deviendront vitales tant que les chaînes d’approvisionnement mondiales continueront d’être compromises.

Read 676 times Last modified on lundi, 14 septembre 2020 14:26

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