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L’ancien chef d’Etat Mozambicain hote de TrustAfrica

Le Président Joaquim Chissano invite les Africains à prendre en main leur développement 

DAKAR, SÉNÉGAL, le 19 avril 2007—Aujourd'hui, l'ancien Président Mozambicain Joaquim Alberto Chissano et actuel Président de Africa Forum, s’est adressé au corps diplomatique, aux dirigeants de la société civile, aux universitaires et aux agents internationaux de développement dans les locaux de TrustAfrica au niveau de la capitale sénégalaise.

TrustAfrica a saisi l'occasion de sa visite pour lancer sa série de débats publics Conversation avec Chissano. L’évènement a enregistré un succès notable et la presse locale en a fait largement écho.  Le directeur des Programmes de TrustAfrica, Chantal Uwimana, a présenté le Président et le Directeur Akwasi Aidoo s’est appesanti sur les origines de TrustAfrica ainsi que ses secteurs d’activité.chissano_cropped.jpg

Dans sa présentation, le Président Chissano a fourni un bref historique de son pays et les événements déterminants qui ont influencé sa vie. Son éducation politique a commencé sous le colonialisme portugais, durant lequel les Mozambicains ont été privés de leurs droits civiques et exclus de la fonction publique. Le Président Chissano a expliqué qu’à l'indépendance, il y avait seulement 12 prêtres noirs Catholiques, un ou deux avocats noirs et aucun docteur ou juge noir. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il s'est joint à la lutte pour la libération, le Président Chissano a répondu que ce n'était pas un choix – qu’il a été contraint de participer, avec ses compatriotes, à l'émancipation de son pays. Le Président a expliqué que les dirigeants de la lutte pour la libération ont assumé la responsabilité de diriger leur pays sans éducation ni formation.

A l’accession à l'indépendance, Chissano a été nommé Ministre des Affaires étrangères et a servi pendant 11 ans avant de devenir Premier ministre. Suite au décès prématuré du Président Samora Machel, Chissano est devenu le deuxième Président du pays, héritant ainsi du défi de la réconciliation nationale. Sa brillante négociation pour les accords de paix entre la Résistance Nationale Mozambicaine (RENAMO) et le gouvernement de FRELIMO lui a valu d’être reconnu mondialement. Son engagement pour la démocratie et le développement a été magnifié durant son mandat qui a démontré une stratégie intégrée consolidant la reconstruction, la croissance économique, l'investissement et la stabilité politique. Cette approche unique a abouti à une réduction significative de la pauvreté, aidant à diminuer la misère et la dévastation causées par des années de conflit violent.

Une des questions qu’il a abordé lors d’une session ouverte sur le NEPAD : Etant un partisan de l'intégration Africaine, le Président Chissano a expliqué que beaucoup d'initiatives positives ont été prises en Afrique et que bien que n’ayant pas alors été appelées NEPAD, ce Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique les rend toutes possibles. Il a expliqué plus en détail que le partenariat commence au niveau de la famille, du village, au niveau national et que les nations Africaines, au lieu d'attendre l'aide extérieure pour le développement pour lancer des projets, devraient plutôt travailler avec leurs ressources limitées afin de démontrer leur engagement pour le développement. Citant l'exemple du Mozambique, le Président Chissano a déclaré : "Nous avons reconstruit le pays après la guerre et nous avons construit plus que ce qui avait existé dans le passé." Nous ne pouvons pas penser au NEPAD en termes de succès et d’échec. Le NEPAD est un processus et c’est aux dirigeants Africains de prendre la responsabilité de leur développement.

Ancien combattant de la lutte pour l’indépendance contre le colonialisme portugais, Chissano a remporté les premières élections démocratiques du Mozambique en 1994. Sur le plan international, il est plus connu pour sa brillante médiation sur l’accord de paix mettant fin à 15 années exténuantes de guerre civile au Mozambique. Chissano a été Président de l'Union Africaine de juillet 2003 à juillet 2004. Il sert actuellement comme Représentant Spécial de l'ONU en Ouganda du Nord pour négocier une solution politique au vieux conflit entre l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA) et l’Etat. Il est aussi le Président du Forum Afrique, qui est un réseau d'anciens chefs d'Etats et de gouvernements et autres dirigeants dont le but est de contribuer à la réalisation des objectifs de l'Union Africaine (UA) et du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD). Le Forum invite ses membres sur la base de leur arrivée démocratique au pouvoir et de leur sortie démocratique.

Après avoir quitté le pouvoir en 2005, le Président Chissano a voulu mettre en pratique les leçons qu'il avait inculquées à son peuple. Ainsi, il est retourné à son village pour élever du bétail et contribuer à l'économie agraire locale qu'il avait encouragée durant son mandat. Son engagement pour le développement communautaire à la base l'a amené à créer une fondation qui porte son nom et qui met l’accent sur la paix, la culture et le développement.

Lire la suite : communiqué de presse.

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